Les vaccins anti Covid, tant espérés, sont là !

Après à peine 10 mois d’une éprouvante épidémie au coronavirus, dont les conséquences individuelles et collectives sont dramatiques, les chercheurs du monde entier, grâce à un travail acharné, ont élaboré les premiers vaccins anti SARS-CoV-2, tout en respectant les habituelles règles scientifiques pour s’assurer de leur efficacité et leur innocuité. Ce délai raccourci s’explique certes par l’importance de l’enjeu mais aussi par la grande expérience de beaucoup de laboratoires dans le domaine des vaccins et l’excellente collaboration des chercheurs entre eux.

Actuellement quelques millions de personnes ont déjà été vaccinées dans le monde, avec globalement une très bonne tolérance et un bénéfice qui sera bientôt mesurable.

Le principe général d’une vaccination est de provoquer, en général après mise en contact avec un fragment d’un virus, la fabrication d’anticorps par l’organisme : ceux-ci bloqueront l’intrusion et la multiplication du virus et donc protégeront contre la maladie pour une durée variable. Dans le cas du coronavirus, la cible des vaccins est essentiellement la protéine S (spike) présente sur les spicules externes du virus qui lui permettent de se fixer sur les cellules, avant de les pénétrer.

Le premier vaccin disponible en France est celui du laboratoire Pfizer-BioN’Tech, vaccin à ARN, efficace à 95%, au profil de sécurité élevé (la seule contrindication est l’existence d’un antécédent d’allergie sévère, et il n’y a aucun risque d’incorporation de cet ARN dans le génome). Sa conservation se fait cependant à -80°, ce qui crée des contraintes pour la logistique de transport. Deux injections intramusculaires dans le bras seront effectuées à 2 semaines d’intervalle après vérification de l’absence de contrindication. Après l’injection, la personne reste 15-20 mn sous surveillance avant de rentrer chez elle.

Un vaccin du laboratoire Moderna sera distribué fin janvier : il utilise la même technique à ARN, présente la même efficacité et la même tolérance mais se conserve à -20° seulement.

Ces 2 vaccins protègent également contre le variant anglais du virus, déjà présent en France mais des études sont encore nécessaires pour évaluer son efficacité contre le variant sud-africain, qui menace de diffuser en Europe.

Un agrément européen est attendu pour fin janvier pour le vaccin Astra Zénéca, qui utilise une technique plus classique à vecteur viral. Dans les mois à venir, nous disposerons d’autres vaccins, qui sont encore en cours d’évaluation.

Certes, il est encore trop tôt pour connaître la durée de la protection immunologique de ces vaccins, mais on sait qu’elle est d’au moins 6 mois, sur la base des personnes vaccinées dans les études cliniques. De même nous ne savons pas encore si la vaccination réduit la circulation du virus autour de la personne vaccinée. De ce fait il est clair qu’il faut vacciner sans tarder le maximum de personnes car c’est la seule perspective pour mettre un terme à la crise sanitaire, puisqu’il n’y a pas de traitement curatif.

La stratégie de la vaccination en France est élaborée au niveau national mais elle s’adapte à l’évolution de la situation et à l’approvisionnement en doses de vaccin. Tous les adultes seront concernés dans les prochaines semaines.

La vaccination des résidents des EHPAD, de l’ensemble des professionnels de santé de 50 ans et plus (les médecins se font vacciner de façon massive actuellement), des aides à domicile et des pompiers est en cours depuis quelques jours. Les personnes de 75 ans et plus, vivant à domicile sont invitées à se faire vacciner à partir du 18 janvier dans des centres définis. La prise de RV pourra se faire sur la plateforme internet Doctolib ou par téléphone au 0 809 54 19 19. Le lieu de réalisation sera précisé.

C’est probablement au courant février que la vaccination pourra être progressivement étendue à d’autres populations plus jeunes avec une multiplication probable des lieux de vaccination.

Se faire vacciner est une opportunité extraordinaire pour se protéger contre le SARS-Cov-2 : se protéger soi-même en évitant de contracter la Covid mais aussi protéger les autres, la collectivité, pour mettre fin à l’épidémie.

Cette vaccination a donc aussi une dimension collective et altruiste. En dehors de très rares contre-indications, comment pourrait-on refuser cette précieuse opportunité fruit des chercheurs et de la science.

Dr Denise Strubel – Praticien honoraire du CHU de Nîmes – Janvier 2021