N’oublions pas l’activité physique

La crise sanitaire actuelle liée à l’épidémie du SARS COV-19 risque d’entraîner, entre autres conséquences, une réduction de l’activité physique (AP) à tout âge et d’augmenter ainsi la sédentarité.

En effet, la règle de distanciation sociale s’impose à tous et en permanence. De ce fait, les associations et clubs pratiquant de l’AP en groupe ont largement arrêté leurs activités, les équipements sportifs (piscines, stades, salles de gym…) ne sont pas accessibles. De plus  les confinements successifs ont réduit les possibilités de s’éloigner de son domicile et une AP modérément intense n’est pas compatible avec le port d’un masque.

Or on connaît largement les multiples effets bénéfiques de l’AP sur la totalité des organes et fonctions, à tout âge y compris chez les séniors, au point qu’on peut affirmer qu’il n’est jamais trop tard pour débuter une AP, même modérée. Rappelons les bénéfices principaux d’une AP régulière, adaptée à l’âge :

  • physiques sur les muscles, les articulations, la densité osseuse et l’équilibre (prévention des chutes et des fractures), sur l’état cardiovasculaire, le poids…
  • psycho-cognitifs avec réduction de l’anxiété, du stress, amélioration du sommeil, maintien de l’humeur et des fonctions cognitives
  • sur l’état immunitaire avec amélioration des défenses immunitaires et réduction de l’inflammation systémique (qui s’emballe dans la COVID grave)
  • sur l’estime de soi, la qualité de vie et les liens sociaux.

On recommande en France de pratiquer l’équivalent de 30mn/j de marche rapide, réparti sur au moins 5 jours/semaine.

La sédentarité a-t-elle un impact sur la gravité de la  Covid ?

Une première réponse est donnée par une récente étude menée aux EU, s’intéressant à la gravité de la Covid survenue chez près de 50 000 personnes de plus de 18 ans, en fonction de leurs habitudes d’AP antérieure : ces personnes ont été classées en sujets inactifs (moins de 10mn d’AP/sem) modérément actifs (11-150 mn d’AP/sem) et régulièrement actifs (au moins 150 mn d’AP/sem, selon les recommandations aux EU). Les sujets inactifs ont eu un risque d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs et de décès clairement majoré par rapport aux sujets régulièrement actifs (les sujets modérément inactifs se situent de façon intermédiaire), au point que l’AP apparaît comme le facteur modifiable le plus important pour réduire les conséquences de la Covid.

Ce résultat n’est guère surprenant mais souligne encore davantage la nécessité absolue de maintenir une AP en s’adaptant à la situation de crise. Pour cela on peut faire preuve d’inventivité pour pratiquer de l’AP à domicile, même en faisant son ménage, son jardin ou des travaux de rénovation. On peut aussi recourir au numérique et participer à des séances de gymnastique collective avec un coach, chacun chez soi (sur proposition de mutuelles, associations…). En dehors des périodes de confinement strict, il est toujours possible de continuer à faire de la marche, du vélo, seul ou en petit groupe de 2-3 personnes, de préférence avec les personnes avec qui on partage le quotidien.

Donc un seul mot d’ordre : bouger, marcher, se dépenser physiquement… Non seulement votre organisme en ressentira de multiples bénéfices mais vous réduirez aussi votre risque personnel face à la Covid.

Dr Denise Strubel – Praticien honoraire du CHU de Nîmes – Mai 2021