N’oublions pas la prévention des cancers

Depuis deux ans (déjà) bien sûr le COVID …, les gestes barrières … dont le terrible confinement, et puis les vaccins …, les rappels, la 2ème et encore la 3ème dose, en raison des variants, (Delta puis Omicron … et de leurs incertitudes …), des tests PCR … et peut-être enfin une pilule anti-COVID. Et pourtant la vie continue avec ses autres causes de maladies, de décès dont les maladies cardio-vasculaires et les cancers.

Une des voies possible et importante du progrès en cancérologie reste les mesures préventives à prendre en considération notamment de l’âge. Elles reposent sur la connaissance des facteurs pouvant favoriser l’apparition ou le développement d’une cellule cancéreuse dans l’organisme : la carcinogénèse. Ses facteurs sont de deux types, ceux :

  • internes liés à nos organismes (génétiques, immunitaires, hormonaux …),
  • externes en rapport avec l’exposition à des facteurs de notre milieu de vie, nos habitudes.

Il n’est pas facile de lutter contre les cancers liés à notre organisme car ils restent le plus souvent asymptomatiques (peu de troubles, pas de douleurs) et lorsqu’apparaissent des symptômes, il est déjà trop tard pour bien les guérir. Leur solution est le dépistage qui doit accompagner le vieillissement pour les repérer précocement et les traiter de façon efficace pour les guérir. Ces dépistages sont bien connus pour le diagnostic précoce des cancers du sein, de l’utérus chez la femme, de la prostate chez l’homme, du colon et de la peau pour les deux sexes. L’analogie avec les « contrôles techniques » des véhicules avec leur vieillissement est tentante : « ma voiture fonctionne parfaitement … mais avec son âge il n’est pas rare qu’elle présente des petites anomalies qui, non résolues peuvent rapidement la rendre dangereuse ! ». Il en est de même pour le dépistage de nos organismes ; ils nous sont proposés mais pas toujours effectués, surtout dans le contexte de la pandémie qui de ce fait surenchérit ses effets néfastes. Aussi aux risques du COVID n’ajoutez pas ceux de l’oubli de ces dépistages des cancers …

Pour les cancers en rapport avec l’exposition aux facteurs de risque cancérigène de notre environnement, les cancers évitables, nous ne devons pas abandonner d’agir de manière préventive … De nombreuses données concernant ces risques extérieurs à nous-mêmes d’ordre physique (rayonnement X, ultraviolets, des micros traumatismes répétés), d’ordre chimique, (facteurs alimentaires essentiellement, d’autres toxiques dus aux expositions professionnelles, à certaines substances toxiques, perturbateurs endocriniens, etc …) sont largement connues et documentées. Parmi ces éléments extérieurs les plus importants à l’origine de nombreux cancers sont toujours l’alcool et surtout le tabac souvent associés. Le tabac est responsable de 75 000 décès par an en France (37 000 par maladies cardio-vasculaires et 40 000 par cancer). Les cancers dus au tabac, cancers O.R.L., bronchiques, vésicaux, sont ceux pour lesquelles les progrès thérapeutiques récents ont été les plus faibles, aussi la prévention majeure reste l’arrêt du tabac. Cette modification, même utopique, de notre comportement serait potentiellement susceptible de diminuer de manière très significative l’incidence et la mortalité par cancer due au tabac.

Les conditions de confinement, l’anxiété qui en résulte ne sont pas, à priori, propices au changement de comportement, aussi faut-il saisir cette occasion de prévention active pour y ajouter, avec encore plus de motivation, celle de la détermination à entretenir la lutte antitabac …

Avec ces difficultés de gestes barrières et en cette période des fêtes, essayons de donner le plus de poids possible à la convivialité, même limitée, mais sincère, pour retrouver avec plus de détermination les gestes de sauvegarde de notre équilibre de santé. N’oublions pas non plus l’importance de notre alimentation pour les risques cardio-vasculaires mais que cela ne nous empêche pas de gouter avec plaisir, mais modération, les joies de la table pour renforcer notre confiance dans les bénéfices de la prévention qui n’est pas synonyme de la privation.

Pr J-B DUBOIS – Pr J-C ARTUS – Janvier 2022