Pourquoi la 3e dose de vaccin anti-COVID est-elle indispensable ?

A l’heure de la progression d’une 5e vague de la pandémie de COVID 19, (mais aussi d’une menace sur un nouveau variant), il est indispensable de rappeler que les séniors sont plus à risque de présenter une forme grave de la maladie et doivent en conséquence être protégés de façon optimale. Pour en être convaincu, il peut être utile de faire le point sur le processus d’immunité après infection et vaccination.

L’immunité est le système de défense de l’organisme contre les agressions comme le virus SARS-CoV-2, avec 2 dispositifs complémentaires :

  • l’immunité cellulaire qui dépend des macrophages, capables de phagocyter l’agent infectieux : elle est complexe à mesurer,
  • l’immunité humorale, qui repose sur les anticorps spécifiques fabriqués au contact de l’agent infectieux par les lymphocytes et capables de le neutraliser. Ils apparaissent progressivement dans le sang après l’infection et on peut les doser.

Avec l’avancée en âge, l’immunité (surtout humorale), est moins performante.

La vaccination stimule l’immunité contre un agent infectieux, de façon plus ou moins durable. La revaccination (rappel) rebooste la production d’anticorps en stimulant des lymphocytes mémoire. Toute vaccination vise la protection d’un individu mais a aussi une dimension éthique pour assurer une protection collective dans un contexte épidémique.

Pour la COVID 19, l’immunité humorale semble jouer le plus grand rôle : les anticorps neutralisants sont dirigés contre les protéines des spicules du virus. Leur taux augmente progressivement dans les jours suivant une infection COVID mais plus encore après les 2 doses de vaccination (il augmente cependant moins chez les immunodéprimés).

Les différents vaccins contre le SARS-CoV-2 sont efficaces à plus de 80% et surtout protègent contre les formes graves de la maladie. Si actuellement il y a plus de personnes hospitalisées pour COVID vaccinées que non vaccinées, c’est qu’elles sont trois fois plus nombreuses mais il n’y a quasiment pas de personnes vaccinées en réanimation avec une infection à COVID.

Cependant il a fallu attendre les études récentes pour montrer que le taux des anticorps baisse progressivement, ne garantissant plus une protection suffisante au bout de 5 mois. D’où la recommandation actuelle de faire un rappel vaccinal à 5 mois, surtout pour les personnes de plus de 65 ans mais aussi pour tout adulte.

Que se passe-t-il après la 3e dose ? Dans une étude récente sur plus de 100 personnes d’au moins 60 ans, vaccinées par les 2 injections classiques, on a constaté qu’une 3e dose multiplie par 50 le taux des anticorps contre le SARS-CoV-2. Bien sûr il faudra en suivre l’évolution pour préciser la durée de cette protection.

Le rappel anti-COVID  à 5 mois est donc recommandé pour tout adulte.

Il n’est pas nécessaire de doser les anticorps au préalable. (Ce dosage est fait sur prescription médicale dans des cas particuliers).

Mais, faut-il le rappeler, il ne faut pas pour autant relâcher l’attention sur les mesures barrières : distanciation, port du masque à l’intérieur dans tout lieu collectif et lavage répété des mains avec le gel hydro-alcoolique. Il est de la responsabilité de chacun de faire le maximum pour limiter la diffusion du virus.

Dr Denise Strubel – Praticien honoraire du CHU de Nîmes – Novembre 2021